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Message Royal adressé aux participants à la première rencontre nationale des alimates, prédicatrices et morchidates à Skhirat

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a adressé un message aux participants à la première rencontre nationale des alimates, prédicatrices et mourchidates, placée sous le Haut Patronage du Souverain, dont les travaux se sont ouverts vendredi à Skhirat.

Voici le texte de ce message, dont lecture a été donnée par Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques: «Louange à Dieu. Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.


Mesdames, les alimates, prédicatrices et mourchidates, Nous nous sommes attaché, depuis que nous est échue, en vertu du Pacte sacré de la Beia, la charge de l'Imamat suprême, à conduire notre vaillant peuple sur la voie du progrès, de la grandeur et de la dignité et à assurer l'exercice par tous les Marocains, de leur citoyenneté pleine et entière. Voilà pourquoi nous avons tenu à placer en tête de nos priorités la nécessité de rehausser le niveau de développement global de notre pays et de doter nos jeunes générations des compétences nécessaires pour les aider à s'investir dans la dynamique de créativité et d'innovation à l'œuvre dans la société marocaine.

Cet objectif ne saurait être atteint qu'au prix d'une lutte sans merci contre toutes les formes de pauvreté, d'exclusion et de marginalisation. Nous n'aurons, donc, aucun répit, pas plus que nous ne serons quitte avec notre conscience, jusqu'à ce que Dieu couronne nos efforts d'un franc succès, comme Il nous le promet dans Sa parole sacrée: «Oui, Dieu sauvera ceux qui L'assistent. Dieu est, en vérité, Fort et Puissant. Toute autorisation de se défendre est donnée à ceux qui, si Nous leur accordons le pouvoir sur la terre, s'acquittent de la prière, font l'aumône, ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable». Aussi, avec l'aide de Dieu, le train du développement humain - dont nous avons fait le mot d'ordre de notre projet sociétal global axé sur un idéal civilisationnel foncièrement modernisateur - est-il en bonne marche pour que soient concrétisés les objectifs et les finalités que nous nous sommes tracés. Ainsi que vous le savez, tout modèle de développement qui ignore la dualité âme/corps chez l'être humain, demeure partiel et sans effet, tant et si bien qu'il devient impossible, en pareilles conditions, d'atteindre l'équilibre escompté et de mener à bonne fin la réforme souhaitée.
A cet égard, les efforts inlassables que nous déployons et les grands chantiers que nous lançons pour l'amélioration des conditions de vie sociales et économiques du citoyen marocain, n'ont d'égal que les initiatives prises pour favoriser culturellement et religieusement l'essor de sa vie spirituelle. C'est précisément à cette fin que sont engagées des réformes profondes touchant les différentes instances et autres institutions concernées par la conduite des affaires religieuses. En tête de celles-ci vient l'institution des ouléma dont nous présidons le Conseil supérieur et qui possède désormais une antenne locale au niveau de chaque province et de chaque préfecture de notre Royaume chérifien. Mieux encore, elle s'est déployée au-delà des frontières nationales pour offrir ses services à notre chère communauté immigrée. Nous avons, en effet, doté celle-ci de son propre Conseil des ouléma, avec pour mission de conduire les affaires religieuses de cette communauté et de contribuer à la préservation de son identité doctrinale et nationale. ...
C'est avec un vif intérêt que nous suivons de près les résultats de cette extension et apprécions ses retombées positives sur le quotidien des citoyens et sur l'état de leur sécurité spirituelle et doctrinale. Nous en mesurons également l'impact sur le volet lié à la préservation des dogmes et des croyances des citoyens et la réfutation des amalgames et autres contrevérités y afférents, de sorte à faire face à l'extrémisme, à l'excès de zèle en religion et à l'ostracisme. Eu égard à la responsabilité qui nous incombe en notre qualité d'Amir Al-Mouminine, nous avons constamment veillé à ce que les organes et les institutions à vocation religieuse fassent l'objet d'un entretien conséquent. De même que nous avons toujours tenu à nous enquérir de l'état dans lequel ils se trouvent, avec une attention prioritaire aux mosquées et autres lieux de culte, points de ralliement pour les fidèles et hauts lieux de guidance où convergent les croyants en quête de conseils et d'orientation religieuse. A cet égard, nous appelons à la rénovation du discours véhiculé par ces institutions et à l'amélioration de leurs performances, de sorte qu'elles puissent se mettre en phase avec la dynamique à l'œuvre au sein de la société marocaine, suivre l'évolution intellectuelle et culturelle qui y a cours et saisir la portée des mutations accélérées survenues à l'échelle mondiale.
Nous avons, par ailleurs, donné nos Hautes instructions pour améliorer la situation matérielle et morale du personnel en charge de ces institutions, revaloriser leurs conditions de vie sociales, leur permettre ainsi qu'à leurs familles de vivre dans la dignité et leur assurer une formation continue en matière religieuse. A cet égard, et en coordination avec notre ministre des Habous et des Affaires islamiques, nous avons mandaté le Conseil supérieur des ouléma pour superviser l'opération de mise à niveau et de formation des imams, de sorte que leur profil académique et leur performance en matière d'éducation et d'orientation puissent être à l'image de la place qui leur échoit auprès de leurs coreligionnaires, en l'occurrence celle de modèles à suivre en matière de conduite religieuse, de comportement social et de piété.
C'est là la traduction fidèle de l'esprit et de la lettre de Mithaq Al-Olamae, que nous avions annoncé dans notre discours prononcé à Tétouan à l'occasion de la célébration, au mois de Ramadan dernier, de la Nuit du Destin. Ce programme ambitieux - dont nous souhaitons faire un outil entre les mains d'érudits et de savantes de votre calibre pour l'encadrement et la mise à niveau des imams -, aura un impact indéniable et des retombées positives sur l'action menée en vue de définir une nouvelle mission pour la mosquée et mettre en exergue le rôle qui lui incombe en tant que lieu propre à éduquer et à éclairer les esprits.
Mesdames,
Dans le cadre de cette vaste réforme qui touche le champ religieux dans notre pays, nous attachons une importance particulière au rôle éminent qui incombe, en la matière, à la femme savante, ainsi qu'aux multiples services qu'elle peut offrir à ce titre. Elle peut, en effet, aider à affiner la teneur et les programmes de cette réforme, notamment en ce qui concerne l'encadrement de la vie familiale, la prise en charge des questions propres à la femme et l'obligation d'éclairer la lanterne des jeunes filles, de leur inculquer l'amour de la patrie, de les élever dans la fierté d'y appartenir et d'en porter les constantes et les symboles sacrés et d'en faire des citoyennes fermement attachées aux valeurs et aux principes immuables de l'Islam tolérant.
A cet égard, nous nous sommes attaché à ce que la femme investisse le monde des sciences religieuses et intègre le cercle des ouléma. Nous lui avons donc ouvert la porte pour qu'elle prenne part, en tant que membre à part entière de l'institution religieuse, à l'action respective du Conseil supérieur des ouléma et des conseils locaux des ouléma. Parallèlement, nous lui avons permis de se joindre à ses frères les ouléma dans le cadre des causeries religieuses hassaniennes du Ramadan, causeries au cours desquelles elle a, en effet, donné la mesure de sa compétence académique, en parfaite émule de ses confrères hommes. Cette performance remarquable nous a donné un bon motif de satisfaction et nous a conforté dans la haute idée que nous nous faisons de la femme savante. Aussi bien notre grand intérêt pour les affaires et autres questions et droits afférents à la femme que notre souci de lui conférer la place qui lui échoit, à juste titre, au sein de la famille et de souligner le rôle central qui lui incombe socialement, procèdent de l'essence même de notre religion tolérante.
De fait, l'Islam a été le premier à aborder la question de la femme et à tenir celle-ci en haute estime en lui ôtant les fers qui l'entravaient et en l'aidant à retrouver la place qu'elle mérite au sein de la société. En effet, Dieu en a fait l'égale de l'homme, comme cela est stipulé dans le Saint Coran : «Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations et conformément à l'usage». Ce statut a été confirmé par notre Ancêtre le Prophète Elu, prière et paix sur Lui, qui a dit : «Les femmes sont les égales des hommes». En optant pour une politique émancipatrice et émancipée et en marquant notre attachement à l'affirmation des droits et à la concrétisation de l'idéal d'équité, nous suivons en cela le bon exemple de notre auguste Grand-Père, l'Imam pieux et réformateur, feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, et de son confident, notre vénéré Père, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu perpétue leur mémoire. Les deux regrettés Souverains avaient compris que la nation marocaine ne saurait se relever de ses revers et recouvrer sa liberté et sa dignité que si ses hommes autant que ses femmes s'armaient de science et de savoir et en possédaient une solide maîtrise, permettant ainsi à l'individu marocain de se libérer de l'emprise de l'ignorance et de l'analphabétisme.
C'est de là que procédait la ferme volonté des deux défunts Souverains, que Dieu ait leur âme, de lever les obstacles fictifs dressés au nom de certains us et coutumes désuets et stériles pour empêcher la femme d'accéder à l'instruction et à l'éducation. Tout le mérite leur revient donc d'avoir ouvert à la femme les portes du savoir, toutes disciplines scientifiques, religieuses et littéraires confondues, et de lui avoir permis d'apporter sa riche contribution à tous les volets de la vie nationale.
Dans ce contexte, l'université Al-Quarwiyyine a vu sortir de son sein nombre d'illustres savantes spécialisées dans les sciences religieuses, dont l'ardeur au travail et la patience leur ont valu d'obtenir les diplômes les plus prestigieux, dont Al-Alimiyya, lequel n'était délivré qu'à toute personne ayant démontré une parfaite maîtrise des sciences de la Charia.
Mesdames les alimates, les prédicatrices et les mourchidates,

A travers cet important forum religieux que nous entourons de notre bienveillante sollicitude, nous formons le souhait de voir émerger un nouvel archétype de femme savante apte à concilier l'ancien et le nouveau, une faquiha (spécialiste de fiqh) qui sache apporter son concours à la réalisation d'une sécurité spirituelle globale et favoriser un renouveau islamique équilibré dans le cadre du rite sunnite malékite et sous la bannière de l'Imamat suprême fondé sur les liens mutuels de la Beia et le pacte indéfectible entre le Protecteur et les sujets. Partant, vous êtes appelées aujourd'hui à apporter votre contribution efficiente à la lutte contre le sous-développement et l'exclusion et à vous acquitter du rôle qui est le vôtre pour éclairer les esprits et les cœurs et les expurger de toute pensée stérile, de toute croyance perverse et de toute velléité d'extrémisme et d'ostracisme. Tâchez, Mesdames les alimates et les mourchidates, de vous amender en premier et de vous convertir ensuite en une force agissante et dynamique au sein de la société. Outre la nécessité de réformer tout ce qui est de nature à l'être, vous vous devez de raviver le sentiment religieux et la fibre patriotique dans les cœurs et les esprits, sans jamais vous départir de votre attachement ferme aux constantes de la patrie, à l'identité nationale du pays et à ses spécificités doctrinales.
Puisse Dieu guider vos pas et couronner de succès votre action, de sorte qu'en matière d'encadrement religieux de la femme, votre rencontre puisse se solder par l'élaboration de plans et de programmes à la mesure de notre grande ambition et de l'engouement croissant des femmes marocaines pour l'acquisition du savoir religieux dispensateur de sagesse et de vertus. «Je veux seulement vous réformer, autant que je le puis. Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie à Lui et je reviens repentant vers lui». Véridique est la parole de Dieu. Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh».

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